Nez à nez avec les Pushbacks

Nez à nez avec les Pushbacks

Au sein d’un aéroport, de nombreux corps de métier coexistent ; on peut notamment penser aux RZA (Responsables Zone Avion). Cette branche concerne la partie au sol d’un avion. Cela comprend tout ce qui est le chargement et déchargement des passagers et du fret, l'alimentation en carburant mais aussi tous les engins nécessaires au fonctionnement de l’avion, comme les groupes auxiliaires par exemple.

Pushback équipé d'une barre directrice, par Jvb71

L’engin particulier qui va nous intéresser est celui qui permet le repoussage d’un avion. Cet engin se nomme le « tracteur », plus communément appelé par son anglicisme le « Pushback ». C’est lui qui va avoir la charge de repousser l’avion (de le faire reculer) jusqu’à son point d’arrêt afin qu’il puisse commencer son roulage et démarrer ses moteurs. Cependant, tous les aéroports ne disposent pas du même matériel aéroportuaire mais chaque aéroport doit être équipé d’un dispositif permettant le repoussage et/ou tractage d’un avion. Pour cela, plusieurs techniques dominent.

La première technique de pushback est celle dite « tow-bar ». L’engin de repoussage va se raccorder à l'avion via une barre directrice appelée « towbarless ». Cette méthode est la plus répandue. Effectivement, c'est celle qui nécessite les engins les moins sophistiqués.

Pushback équipé de bras permettant de soulever l'appareil, par Jvb71

La deuxième technique consiste à emprisonner le train avant (la « nose landgear ») sous forme de pelle afin de pouvoir soulever l’appareil légèrement pour permettre le repoussage. Le tracteur va donc venir se loger assez près du train, puis deux bras épousent les roues afin que celles-ci puissent être levées. Ces appareils de repoussages sont majoritairement destinés aux gros appareils.

Une troisième technique qui est utilisée se nomme le PPU (Push Power Unit). C’est un petit tracteur télécommandé que l’on accroche au train principal. Le technicien de piste va donc gérer l’allure du tracteur et demander aux pilotes de tourner la roulette du nez à droite ou à gauche. Malheureusement ce système est devenu dangereux en raison du risque d’erreur de communication entre la personne au sol et les pilotes. Les pilotes avaient l’interdiction de démarrer les moteurs tant que le tracteur était attaché. Résultat, ce système a été abandonné il y a quelques années.

Inversion de poussée lors de l'atterrissage d'un Boeing 777-300(ER) de Qatar Airways, par Yann Arnould

Les moteurs de la plupart des avions disposent d'inverseurs de poussée. Ceux-ci permettent de ralentir l'avion au moment de l'atterrissage en inversant le sens de rotation des pales des moteurs. L'inversion de poussée peut être utilisée à n'importe quel moment, ce qui permettrait donc à l'avion de reculer sans avoir à utiliser quelconque assistance au sol. Donc pourquoi utilise-t-on un Pushback ? Tout d'abord car le champ de vision est limité donc la visibilité vers l’arrière de l’appareil est nulle. De plus, l’inversion de poussée est risquée car le moteur est tellement puissant qu'il pourrait non seulement aspirer des objets qui trainent mais aussi projeter violemment des objets contre les terminaux, les véhicules, un autre avion ou les équipes au sol. Enfin, l'inversion de poussée est une procédure très bruyante consommant davantage de carburant.