Les boîtes noires, c'est quoi ?

Les boîtes noires, c'est quoi ?

Nous entendons souvent parler des boîtes noires, ou enregistreurs de vol, en cas d’accidents ou d'incidents. Mais savons-nous ce qu’elles sont ? À quoi elles servent ? Et comment elles fonctionnent ? C’est ce que nous allons tenter d’éclaircir dans cet article.


Créées dans les années 1930 par François Hussenot, ces boîtes noires consistaient à l’origine en des photographies appelées des « hussenographes ». Les indications des instruments de vol étaient projetées sur une pellicule photo grâce à un jeu de miroirs. Les pellicules photosensibles, étant enfermées dans une, littéralement, boîte noire car étanche à la lumière, c’est ce qui a donné son nom à ces fameuses boîtes de couleur orange. Les versions modernes que nous connaissons, avec les enregistrements magnétiques, furent conçues en 1953 par l’ingénieur australien David Warren. Elles ont été introduites dans l’aviation dans les années 1960. Ces enregistreurs étaient à l’origine composés de bandes magnétiques, progressivement remplacées par des disques électroniques considérés comme plus fiables du fait de l’absence de composants magnétiques.


Mais concrètement, c’est quoi ?

À bord d’un appareil de ligne, nous pouvons trouver deux enregistreurs de vol, placés à l’arrière de l’appareil pour limiter les dégâts en cas de crash, qui ont chacun une mission indépendante. Nous avons dans un premier temps le FDR (pour Flight Data Recorder) qui est chargé d’enregistrer les paramètres de vol, comme par exemple l’heure, le cap employé, la vitesse, l’accélération, la pression atmosphérique, la performance des moteurs et la température extérieure et intérieure. Le CVR (pour Cockpit Voice Recorder), quant à lui, s’occupe d’enregistrer les conversations et l’ambiance sonore au sein du cockpit. Il enregistre les conversations sur une plage de 2h, en s’effaçant au fur et à mesure.

Enrobées dans une armure d’acier puis ignifugée, ces boîtes noires peuvent résister à 1100 °C pendant une heure avant de commencer à se détériorer. Mais ces boîtes sont également équipées d’une balise qui se déclenche au contact de l’eau et qui émet une pulsation par seconde pendant 30 jours afin d’être détectée par un radar.

Après les avoir récupérés, les bureaux d’analyses récoltent les données sur ordinateur, à l’aide d’un logiciel dédié, qui, selon le nombre de paramètres à analyser, peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant de parvenir à restituer et à analyser ces données.


Ces boîtes permettent donc de comprendre les causes d’un crash, et ainsi de pouvoir mettre en place des dispositifs afin d’en éviter la reproduction.