Le Pôle Sud, un espace aérien peu fréquenté : mais pourquoi ?

Le Pôle Sud, un espace aérien peu fréquenté : mais pourquoi ?

Alors que le trafic aérien semble être totalement immobile dans les différentes régions du globe, nous nous intéresserons à une région de notre planète bien particulière, le Pacifique Sud et plus particulièrement le Pôle Sud. Tandis que son frère jumeau, le Pôle Nord, a été relativement bien exploré, le Pôle Sud reste encore un mystère pour les scientifiques du monde entier, bien qu’une douzaine de pays revendique chacun un fragment de ce territoire gelé. Mais concentrons-nous plutôt sur son espace aérien à ce territoire gelé.

Il faut savoir que pour qu'un avion bimoteur soit autorisé à voler, il nécessite beaucoup de certifications, et l’une d’entre elle est la certification ETOPS. La certification ETOPS varie en fonction du temps maximal qu’un avion a besoin afin de pouvoir être dérouté en sûreté lors d’une panne d’un moteur. Par exemple, un avion disposant de la certification ETOPS330, comme les Boeing 777 ou 787, n’aura que 330 minutes (soit 5 heures et 30 minutes) en cas de problème provoquant la perte d’un moteur pour rejoindre une piste afin de pouvoir se poser en toute sécurité.

Schéma représentant la seule petite partie de la Terre que la certification ETOPS370 ne couvre pas, par un auteur inconnu
Schéma représentant la seule petite partie de la Terre que la certification ETOPS370 ne couvre pas, par un auteur inconnu

Pour donner d'autres exemples, l'Airbus A330 dispose d'une certification ETOPS240 (soit 4 heures), tandis que l'A350 est certifié ETOPS370 (équivalent à 6 heures et 10 minutes). Or ce dernier vise également à être certifié ETOPS420, soit 7 heures de vol en cas de panne d'un moteur. Ainsi l’A350, certifié ETOPS370, peut parcourir les cieux de la Terre entière à l'exception d'une partie du Pôle Sud.

Vous me direz qu’il existe tout de même des vols survolant le Pacifique Sud. À vrai dire, ils sont peu nombreux, et celui qui pourrait nous venir en tête serait le vol Qantas QF63 qui relie Sydney (SYD/YSSY) à Johannesburg (JNB/FAOR), mais ce dernier ne fait que survoler la zone très australe de l’Océan Pacifique. En effet, aucune compagnie n’assure un vol qui implique un survol complet de l’Antarctique, car cela nécessiterait de relier deux villes comme Auckland et Johannesburg, ou bien Sydney et Rio de Janeiro. Mais bien que cela n’existe pas, c’est totalement réalisable : les appareils quadrimoteurs, comme l’Airbus A340, le géant A380, ou encore l’iconique Boeing 747, ne sont pas concernés par la certification ETOPS, justement grâce à leurs quatre moteurs. Ainsi ces vols sont réalisables, mais seraient-ils vraiment rentables ? À voir …