Vous reprendrez bien une petite victoire ?

Vous reprendrez bien une petite victoire ?

Dans cet article, nous allons parler d’une pratique propre à l’aviation militaire. Répandues depuis les débuts de l’aviation, les victoires aériennes ont dessiné la renommée de nombreux pilotes. Vous en avez surement déjà entendu parler, la culture populaire a pris l’habitude de les surnommer « as de l’aviation » par déformation, nous le verrons.

Concernant sa définition pure, le combat se déroule dans le ciel avec un avion ou plus. Ce qui est intéressant à savoir c’est que s’il y a plusieurs avions, le pilote qui les abats peut prétendre à des décorations et à des montées en grade. Les premières victoires sont enregistrées très tôt dans l’histoire de l’aviation puisque nous sommes le 5 octobre 1914, lorsque la première bataille aérienne est enregistrée. Elle est remportée par les deux français Louis Quenault et Joseph Frantz.

Nous sommes encore aux balbutiements de l’aviation et les combats aériens sont loin d’être précis ou rapides. Mais, sur fond de premier conflit mondial, les victoires s’accumulent et on voit apparaître les premiers as, les hommes qui ont gagné plus de 5 victoires. Les guerres qui ont lieu après, la guerre civile espagnole entre 1936 et 1939, la guerre sino-japonaise de 1937 à 1945 et bien sûr la Seconde Guerre Mondiale qui a eu lieu entre 1939 et 1945, sont marquées par de nombreux combats aériens. L’aviation s’est développée et elle véhicule avec elle de nombreux progrès. Les avions sont plus performants, plus précis, plus fiables et surtout plus rapides. Prenons pour simple exemple le Spitfire, il est presque devenu un stéréotype de cette façon de se battre en altitude.

Il est important de parler des critères d’homologation des victoires dans chaque pays. C’est réellement un problème puisque les différentes nations décident de ne pas fonctionner de la même façon. Pour que vous compreniez mieux, nous allons vous présenter les systèmes les plus opposés.

Nous allons donc partir de la France. Ainsi, en 1914, un pilote doit avoir plusieurs témoins au sol pour retrouver l’épave et confirmer que l’aéronef est bien hors d’état. Les règles se sont grandement assouplies pendant la Seconde Guerre Mondiale mais restons sur les origines.

Pour ce qui était des pays du Commonwealth, durant le premier conflit mondial, les victoires étaient assimilées sur la bonne foi des officiers présents à bord des avions. Durant la Seconde Guerre Mondiale les victoires ne sont acceptées que si et seulement si on trouvait un film, un témoin au sol ou l'épave relatant la victoire.

Enfin, et pour parler logiquement de l’ennemi de ces deux premières nations pendant les conflits, nous allons évoquer l’Allemagne. Comme pour la France, pendant le premier conflit mondial, les avions qui tombaient chez l’ennemi ne pouvaient pas constituer une victoire aérienne. Régulièrement, des pilotes atterrissaient près des carcasses pour en récupérer les morceaux. Les combats avaient le plus souvent lieu à l’intérieur des lignes allemandes donc les victoires allemandes sont bien plus nombreuses, de façon numérique du moins. L’État major allemand inspectait chaque victoire pour pouvoir la valider ou l’infirmer. Pendant le second conflit mondial cela ne change pas, le système restera rigoureux. Parmi les as, Manfred von Richtofen est bien évidemment le plus connu du côté allemand ; nous retrouvons aussi René Fonck surnommé la Cigogne Blanche.

La pratique a été considérablement développée au cours du XXème siècle, ce qui rend le travail plus précis et donc plus simple à homologuer.