Vos premiers voyages...

Vos premiers voyages...

Naturellement, ce ne sont pas de vos premiers voyages à vous chers lecteurs dont nous allons parler mais plutôt de ceux de vos aïeux. Alors installez vous confortablement et laissez-moi vous parler de ces voyages qui étaient… plutôt chargés en rebondissements.

Nous le savons, les débuts de l’aviation commerciale n’ont rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui. De fait, voler coûtait extrêmement cher et les conditions étaient pour le moins… sommaires. Nous relevons tout de suite un paradoxe puisque seules les personnes fortunées pouvaient se permettre de voyager mais que celles-ci, habituées au luxe et au raffinement, devaient accepter les pires conditions qu’il soit.

Les premiers voyageurs sont des pionniers ; ils ont accepté bien volontiers de mettre leur vie dans les mains de pilotes qui débutaient les grandes découvertes à bord de machines plus qu’imprévisibles.

Je pense qu’il n’est pas exagéré de dire que le mot qui qualifie ces premiers vols est aléa. Les anecdotes sont nombreuses, parfois drôles, parfois moins mais vraiment nombreuses.

Pour commencer, vous pouvez oublier vos sièges confortables tels que je vous en ai parlé dans cet article : Depuis quand fait-on cas de vos fesses en avion ?. Nous en parlions rapidement, les premiers sièges, lorsqu’il y en avait, étaient des chaises en osier, tout ce qu’il y a de plus basique. Mais j’ai pris le soin de préciser, lorsqu’il y en avait (!), parce que les premiers voyageurs passaient le vol sur des sacs de courrier.

Ensuite, pour ce qui est de l’espace en cabine, et bien, vous ne pouviez pas compter dessus. Lorsque les cabines se sont agrandies pour accueillir 4 à 10 passagers, on perça la carlingue de hublot si bas qu’il fallait se baisser pour espérer y voir l’extérieur. Pour circuler dans celle-ci, il fallait également se baisser, raison pour laquelle le personnel naviguant commercial, pour le peu qu’il y en avait à l’époque, ne pouvait être trop grand. De plus, il faisait extrêmement froid dans les cabines puisqu’elles n’étaient pas vraiment isolées.

Si aujourd’hui des systèmes de vol perfectionnés vous permettent de traverser le mauvais temps, voire de voler au-dessus, ce n’était pas le cas à la sortie de la Grande Guerre. Ainsi, un retour vers l’aéroport de départ ou un déroutement sur quelqu’autre terrain se trouvant sous vos pieds était courant. Après tout, c’est pas si mal de se retrouver à Amsterdam alors qu’on devait se rendre à Londres au départ de Paris (ceci est une blague évidemment).

Mais voyager c’était beau, voyager c’était découvrir. Puisque les vols avaient lieu à faible altitude, vous pouviez observer les territoires que vous parcouriez, identifier les villes ou les monuments que vous survoliez. Alors naturellement, les conditions n’étaient pas les plus propices à une expérience favorable du voyage mais ce que les Hommes ont retenu c’est l’incroyable sentiment d’avoir quitté la terre et de sillonner le ciel. Ce sont autant de raisons pour lesquelles l’aviation s’est extrêmement développée, celle-ci a toujours fasciné les Hommes, leur a donné l’envie de se dépasser.

Photo : Akg-images pour Historia. Photo de passagers pour le premier vol entre Paris et Londres le 8 février 1919.