Une série de confrontation (2/3) : 747/A380

Une série de confrontation (2/3) : 747/A380

Dans ce nouvel article, nous allons retrouver une nouvelle confrontation. La fois dernière, nous avions exploré les différences que l’on trouvait entre les deux avions les plus répandus du marché, l’Airbus A320 et le Boeing 737. Je vous invite évidemment à lire cet article si ce n’est pas déjà fait (voir Une série de confrontation (1/3) : A320/737).

Comme pour notre article précédent, j’ai trouvé pertinent d’aller chercher dans l’histoire les éléments qui pouvaient nous intéresser. De fait, c’est le Boeing 747 qui est le premier à avoir vu le jour chez le constructeur américain Boeing. Nous sommes durant l’âge d’or de l’aviation et de plus en plus de compagnies cherchent des appareils ayant la capacitqé d’emporter plus de voyageurs pour relier des destinations lointaines. Le premier intéressé est le directeur de la compagnie Pan Am, Juan Trippe, qui demande un appareil capable de transporter deux fois plus de passagers que le 707. L’avion est alors développé avec l’aide du directeur de la Pan Am pour incarner au mieux les exigences des passagers et du personnel de bord. Avec une commande de 25 appareils, dont deux versions cargo, Pan Am est la compagnie de lancement du Boeing 747. Il faut quand même préciser que l’idée de ce projet vient de l’USAF qui a lancé un appel d’offre pour un avion militaire avec une grande capacité d’emport. Même si Boeing n’a pas obtenu le contrat elle a, comme nous l’avons compris, su tirer parti des recherches effectuées pour l’occasion. 

En juin 1966, la compagnie se rend compte qu’elle ne dispose d’aucune usine assez grande pour permettre l’assemblage de l’appareil. Ainsi, ils achètent un terrain de 320 hectares dans les environs d’Everett dans l’État de Washington et y construisent une usine si grande que des nuages se forment à l’intérieur. Après tous les tests de systèmes de l’appareil ainsi que des manoeuvres au sol et des exercices d’évacuation de celui-ci par 560 volontaires en moins de 90 secondes sur une maquette grandeur nature de 747, un vrai avion peut être assemblé. Ainsi, le 30 septembre 1968, le premier appareil sort de l’usine d’assemblage de Boeing ; il prendra les airs le 9 février 1969 pour un vol d’1h15 sans problèmes particuliers. Toutefois, le développement est considérablement ralenti par un problème avec le développement des moteurs JT9D qui s’arrête de manière intempestive. De longues mises au point plus tard, le 747 obtient son certificat de commercialisation délivré par la FAA en décembre 1969.

Bien que je ne puisse pas m’étendre sur toute l’histoire du Boeing 747, il est utile de préciser qu’à ce jour, cumulant toutes les versions qui ont été produites à savoir -100, -200, -300, -400, LCF,  SP, -8 et les versions gouvernementales, l’appareil a été vendu à 1 572 exemplaires. De fait, ce nombre est beaucoup moins important que pour les petits porteurs dont nous avons parlé dans notre premier article, mais il est évident que le Boeing 747 est l’emblème de l’ère du super gros porteur. Bien qu’ils soient progressivement retirés aujourd’hui, il reste dans le coeur de nombreux passionnés. 

Airbus A380 Emirates (A6-EDJ) , par Emma Perez Hoogenboezem
Airbus A380 Emirates (A6-EDJ) , par Emma Perez Hoogenboezem

Mais en face de lui, qui trouvons nous ? Et bien, pour être honnête, pendant longtemps, personne. La Reine des Cieux, comme nous avons l’habitude de l’appeler, a jouit de l’exclusivité d’une part du marché pendant les longues années. Mais, durant l’été 1988, Airbus cherche le moyen de developper un appareil pouvant emporter plus de 800 personnes. Toutefois, l’appareil devait pouvoir être accueilli dans les plus grands aéroports du monde. Après avoir concerté de nombreuses compagnies aériennes, ils décident qu’il devra pouvoir s’inscrire dans un carré de 80 mètres de côté. L’argument principal de l’A380 sur son concurrent américain c’était la possibilité de transporter plus de passagers tout en consommant moins. 

Le 19 décembre 2000, le projet d’AXXX va prendre son nom définitif celui-ci sera, vous le savez, A380. Ce nombre tranche avec les autres appareils qui se suivaient jusqu’ici mais, il y a deux raisons à cela, la première, est que le 8 renversé représenterai le double pont de l’appareil, le deuxième serait pour incarner le chiffre porte-bonheur en Asie, le premier marché visé. Le 18 janvier 2005, la présentation officielle a lieu à Toulouse devant des personnalités du monde de l’aérien mais surtout les dirigeants de 14 compagnies aériennes qui seraient de potentiels clients. Il faudra quand même attendre le 27 avril 2005 pour que l’appareil prenne son envol pour effectuer un vol de 3h51 qui s’achève sur un low-pass devant les 40 000 personnes présentes pour l’occasion. 

La phase d’industrialisation du projet a pris du retard parce que les techniciens dans les usines d’Hambourg n’avaient pas fourni la longueur suffisante de câblage pour le double pont aux techniciens en charge de l’assemblage final situé à Toulouse. Toutefois, après avoir réglé ces problèmes-là, l’A380-800 est certifié le 12 décembre 2006. Le premier appareil livré, le MSN003, appartient à Singapore Airlines, il est entré dans la flotte le 15 octobre 2007. Cet appareil a été démantelé en novembre 2019, nous sommes forcés de constater qu’il n’avait que 12 ans, ce qui reste peu pour un avion de ligne. 

Alors que le seuil de rentabilité avait été évalué à 420 appareils, Airbus n’en a vendu que 251. Nous comprenons alors aisément pourquoi le projet a été interrompu. Malheureusement pour l’avionneur européen, le projet n’était pas économiquement viable. Pour explication simple, nous pourrions simplement dire que ce n’était pas le bon moment pour lancer un tel projet ; le quadriréacteur est malheureusement en fin de course puisqu’on lui préfère des bi-réacteurs plus petits et moins gourmands en carburant. 


Dans cette confrontation, nous sommes forcés de constater la victoire écrasante du Boeing 747 sur son concurrent l’Airbus A380. La Reine et le Roi des ciels vont sûrement bientôt quitter l’ensemble des flottes du monde mais resteront, sûrement pour toujours, dans les mémoires de tous tant ils étaient imposants et impressionnants.