Les villes d'impulsion de l'aéronautique en France (5/6) : Nice

Les villes d'impulsion de l'aéronautique en France (5/6) : Nice

Pour cet avant dernier article, nous allons à nouveau parler d’un aéroport français. Comme nous l’avions fait dans le premier article de cette série avec les aéroports de Paris (voir Les villes d'impulsion de l'aéronautique en France (1/6) : Paris), nous allons vous parler de l’aéroport de Nice (NCE/LFMN) qui se place comme troisième aéroport français, derrière les deux parisiens évidemment. 

Carte postale du meeting de Nice en 1910 par PhildeNice, issue de cartepostale-ancienne.fr
Carte postale du meeting de Nice en 1910 par PhildeNice, issue de cartepostale-ancienne.fr

Pour entrer dans l’histoire de l’aéroport de Nice, il faut retourner en 1910, seulement un an après la traversée de la Manche par Louis Blériot. Cette année-là, un meeting aérien est organisé à proximité de ce qui deviendra l’aéroport civil. Il accueille 100 000 passionnés, ce qui est réellement impressionnant sachant qu’un salon comme le SIAE au Bourget attire 320 000 visiteurs par édition. Il y a d’autres meeting à Nice dans les années qui suivent ; ce sont toujours dans grands succès puisque le cadre bordant la Méditerranée est idyllique. 

Dans les années qui suivirent, l’aviation prend une impulsion assez logique, comme elle l’a fait dans de nombreuses villes avec un service postal à destination de Marseille ou encore de la Corse. C’est en 1929 que sur un terrain appelé « La Californie », le ministre de l’Air reconnaît l’aérodrome. Il devient alors entièrement officiel. 

Il est alors venu le temps des améliorations : si l’aérodrome est destiné a devenir un aéroport civil, il lui faut remplir certains critères pour attirer les compagnies. Assez logiquement, en 1940, l’aérodrome est occupé pour des besoins militaires. Pour les atterrissages et les décollages, les appareils ont besoin d’un terrain un peu plus structuré. La construction d’une piste en gazon est alors entreprise. Mais en parallèle à cela, et toujours pendant la guerre, on décide de développer une partie commerciale et de sécuriser les zones dangereuses en vue de l’accueil futur de passagers. Puis, à la toute fin de la guerre, les autorités construisent une piste de 1 350 mètres en dur cette fois. Elle permettra un meilleur confort ainsi qu’une réduction des risques de dégradations. 

En 1949, plusieurs changements capitaux s’amorcent. En effet, c’est l’installation d’un aérogare provisoire et l’allongement de la piste à 1 700 mètres puisque les constructeurs ont tendance à faire des appareils de plus en plus grands et lourds qui auront besoin d’une piste relativement longue quand ils viendront. Comme il semblerait que ce soit toujours couplé, lorsqu’en 1957 l’aérogare moderne ouvre ses portes, la piste est allongée à 2 200 mètres. 

Les années 80, même si elles ne sont pas forcément rythmées par les sons disco de la période, sont de belles années pour l’aéroport de Nice. Le nombre de passagers est en constante augmentation, une seconde piste de 3 200 mètres est ouverte, de nombreuses améliorations sont apportées dans l’aérogare qui accueille même un deuxième terminal et il prend durablement la place de très grand aéroport de province. Sa carrière semble être toute tracée et elle est promise à un bel avenir. 

Mais qu’en est-il du côté des compagnies ? Est-ce l’aéroport attirait réellement ? C’est une question un peu rhétorique je dois vous l’avouer, parce que oui, l’aéroport attirait réellement les compagnies qui ont permis le développement de cet aéroport du sud-est de la France. La toute première compagnie à s’y installer est, heureusement pour l’honneur, Air France, en 1945. Ils ouvrent une liaison entre les villes de Paris, Marseille et Nice avec un Junker 52. Rapidement, ils ouvrent une seconde ligne allant de Nice à la Corse. 

DC3 de la compagnie Air France, photo appartenant au Musée Air France
DC3 de la compagnie Air France, photo appartenant au Musée Air France

Officiellement, l’aéroport n’est ouvert au public qu’en 1946 et cette fois-ci, Air France, qui a placé des DC3 pour relier Nice-Marseille-Montpellier-Toulouse-Bordeaux ainsi que Nice-Londres et Nice-Algers, doit côtoyer des compagnies étrangères. La compagnie scandinave SAS exploite la ligne Stockholm-Copenhague-Genève-Nice alors que la belge Sabena relie Bruxelles à Nice. Les passagers sont au rendez-vous et les liaisons fonctionnent bien ; les touristes visitent la côte d’Azur alors que les business man se rendent au bureau. On peut rejoindre toutes sortes d’activités depuis l’aéroport niçois. Dans les années qui suivent, on note l’arrivée de KLM, SwissAir, British Airways et la Pan American. 

Caravelle d’Air France par Michel Gilliand sur Wikipédia
Caravelle d’Air France par Michel Gilliand sur Wikipédia

Bien que nous ne puissions, au risque de vous endormir, énoncer l’ensemble des compagnies qui se sont installées à Nice, nous pouvons parler du vol inaugural de la Caravelle entre Nice et Rome par Air France. En effet, le premier avion à réaction français est entré en service depuis cet aéroport le 1er juin 1959.

Alors qu’en 1964 l’aéroport passe pour la première fois la barre du million de passager, ce chiffre est, de nos jours, battu mensuellement pendant la saison estivale notamment. Pour l’année 2019, le nombre total de passagers ayant transité par Nice s’élève à plus de 14 millions. Juste devant Lyon (LYS/LFLL), elle n’a pas encore trop de souci à se faire quand à la pérennité de sa place. L’aéroport de Nice a su s’imposer comme aéroport de province et accueille aujourd’hui des liaisons quotidiennes avec Emirates ou encore Qatar Airways.