La sureté aérienne, l'après 11 septembre 2001

La sureté aérienne, l'après 11 septembre 2001

Nous en avons parlé lors de notre série sur les histoires de crashs (voir Histoire de crash), un accident aérien n’arrive jamais pour une seule et même raison. Mais comme vous le savez, il ne faut jamais dire : « fontaine, je ne boirai pas de ton eau » puisque parfois, la malveillance est la seule cause d’accident aérien.

Une fois encore, je vous conseille de lire l’article sur l’accident du vol 961 de la compagnie Ethiopian Airlines qui retrace l’intrusion de plusieurs hommes dans le poste de pilotage (voir Histoire de crash (06/11) : Intervention extérieure).

Mais dans le cadre de notre remontée historique du jour, j’aimerai prendre un autre évènement, tout aussi tragique que capital dans l’histoire de l’aviation. De fait, les attentats du 11 septembre 2001, durant lesquels quatre avions ont été détournés, constituent le début d’une nouvelle gestion de le sureté aérienne. Il ne faut pas confondre la sécurité et la sureté dans le domaine de l’aérien. La sécurité concerne toutes les procédures qui visent à réduire le risque aérien. Tandis que la sureté, celle qui nous intéresse aujourd’hui puisque véritable enjeu au XXIème siècle, définit toutes les mesures prises pour lutter contre les malveillances intentionnelles.

Vous comprendrez mieux pourquoi j’ai choisi de prendre le 11 septembre 2001 comme évènement de support. De fait, ce n’est ni le premier, ni le dernier mais il a tellement impacté le monde que le domaine de l’aérien a décidé de prendre des mesures radicales concernant la sûreté dans les aéroports mais aussi dans les appareils. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le nombre d’actes de détournements sont passé de 86 en 1969 à 0 en 2015 ! Mais alors, en quoi consistent ces nouvelles procédures destinées à renforcer la sureté ?

L’OACI, l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile, est engagée, entre autres domaines, depuis 1960 dans l’harmonisation des pratiques de sureté aérienne dans les différents pays du monde. Les mesures sont nombreuses et ne sont pas toutes appliquées de la même façon, mais, à l’échelle mondiale, les responsables de l’immigration partagent les données sur les entrants et les sortants, surtout si ceux-ci présentent quelconque risque.

Pour autre exemple, les États-Unis, l’Israël et la Suisse ont considérablement augmenté leur nombre de « skymarshals » qui sont présents dans les aéronefs pour intervenir si une menace se présente. Bien évidemment cet homme est toujours habillé en civil pour qu’on ne puisse le reconnaître.

De plus, les aéroports sont tenus de réaliser régulièrement des audits afin de prouver que leur sureté aérienne est conforme aux lois en vigueur. Vous le savez, de nombreux objets sont interdits après les contrôles aéroportuaires qui marquent votre entrée en zone d’embarquement. Les agents et les machines sur place sont censés pouvoir définir si oui ou non vous pourriez être un danger potentiel.

Le fait le plus marquant pour l’ensemble de la communauté aéronautique ayant connu « l’avant 11 septembre » est de voir la porte du cockpit fermée et verrouillée pendant l’ensemble du vol. L’ensemble des appareils sont alors dotés de portes blindées, d'un système d'identification de l'extérieur et d'une procédure de déverrouillage. Cette notion-là pose énormément de problèmes si l’on y appose le crash de la Germanwings mais dans l’ensemble, les autorités et les équipages s’en disent satisfaits. Je vous mets ici le lien de l’article si jamais vous ne l’avez pas encore lu : Histoire de crash (08/11) : Suicide aux commandes.

Naturellement, la sureté aérienne reste à parfaire mais les évolutions qui ont été faites en réponse aux attentats du 11 septembre 2001 et la décroissance des actes de malveillance qui ont suivi prouvent qu’elles étaient nécessaires d’une part et utiles d’autre part. Le nombre de passagers transportés étant en constante augmentation, nous sommes en mesure de comprendre que la sureté est de plus en plus importante chaque jour, raison pour laquelle les pays doivent parvenir à s’entendre sur la marche à suivre.