La grande histoire de Canadair et Bombardier

La grande histoire de Canadair et Bombardier

Aujourd'hui quatrième constructeur d'appareils derrière Airbus, Boeing et Embraer, le canadien Bombardier a déjà quelques années d'existence derrière lui. En effet, la société mère Bombardier Inc., qui a vu le jour en 1942, a créé sa filiale aéronautique en 1986 aux côtés des filiales du transport ferroviaire et des services financiers. Celle-ci a suivi le rachat de Canadair qui est née en 1944 pendant les années d'absence de nombreux contingents de canadiens engagés pour libérer les pays du joug nazi. C'est donc une histoire de longue date qui unit ces deux compagnies.

Pour être au plus près de la chronologie, nous allons commencer par vous parler de l'entreprise Canadair. L'histoire est, comme toujours, quelque peu imbriquée, puisque le Canada, dominion britannique, a bénéficié des investissements provenant de la couronne pour implanter des entreprises sur le territoire. Fondée en 1911, Canadair est une des filles de la maison mère Canadair Vickers située au Royaume-Uni. Créée dans le but de fabriquer des navires pour la marine canadienne, celle-ci propose rapidement des plans d'avions amphibies et d'avions de brousse.

Canadair CL-600, par Arthur Caudrelier
Canadair CL-600, par Arthur Caudrelier

Cependant, l'entreprise souffre de graves problèmes financiers et, en 1976, le gouvernement canadien rachète l'entreprise pour éviter qu'elle ne fasse faillite. De plus, comme le marché des avions militaires dans lequel ils étaient spécialisés est en baisse, ils décident d'élaborer des appareils civils dont le premier est le Challenger 600. Malheureusement, même si les affaires étaient bien engagées, la récession des années 1980 cause énormément de tort à l'entreprise. Dans une dernière tentative de sauvetage, le gouvernement canadien décide de privatiser de nombreuses société et c'est ainsi que Canadair est incorporé au groupe Bombardier en 1986.

Dash Q400, par Pierre Marechal
Dash Q400, par Pierre Marechal

S'ensuivent quelques années paisibles pendant lesquelles l'entreprise, maintenant devenue grande, développe des appareils plutôt de petit gabarit qui conviennent parfaitement pour les liaisons régionales proposées par les compagnies aériennes. Nous pourrions citer par exemple le Dash Q400 qui, une fois racheté à De Havilland Canada par Bombardier, va porter simplement le nom de Q400. Cet avion, conçu pour accueillir de 74 à 90 passagers, a connu de nombreux problèmes techniques qui lui ont fait plutôt mauvaise réputation. Le groupe va être obligé de procéder à de nombreuses améliorations et une grande campagne commerciale pour redonner confiance aux compagnies.

En parallèle de ces problèmes là, les attentats du 11 septembre 2001 impactent fortement le secteur aéronautique américain qui voit ses ventes considérables diminuées à cause des appréhensions des compagnies aériennes qui préfèrent exploiter des aéronefs qu'elle connaît parfaitement au cas où une situation identique venait à se reproduire. 

Après quelques années d'oscillation, le marché reprend ses droits et Bombardier met en service son CRJ – Bombardier Canadair Régional Jet – dès 1992. Des versions améliorées, optimisées et agrandies sont proposées jusqu'à l'aboutissement de ce modèle en 2009, le CRJ-1000, qui permet de porter à plus de 1 500 le nombre d'unités de cette famille d'avion détenue par les compagnies aériennes. Même si ceux-ci sont destinés au transport régional, de nombreuses grandes compagnies en possèdent comme Delta Air Lines en Amérique du Nord, Air France Hop! en Europe, Air India en Asie et South African Express en Afrique. 

Bombardier CSeries lors de son premier vol, par Alexandre Gouger sur Wikipédia
Bombardier CSeries lors de son premier vol, par Alexandre Gouger sur Wikipédia

Un autre grand projet anime les équipes de la firme canadienne depuis de longues années déjà. Il s'agit du Bombardier CSeries qui devait s'insérer dans le segment des appareils de plus de 100 places pour concurrencer la famille A320 et le Boeing 737. Prévu en deux version, le CS100 avec 110 places et le CS300 avec 135 places, les premiers prototypes sont sortis des usines canadiennes en septembre 2013 pour le CS100 et en février 2015 pour le CS300. Rapidement, des commandes arrivent pour des compagnies telles que Lufthansa (pour Swiss International Air Lines) pour 30 avions et 30 de plus en option, Korean Air pour 10 appareils ainsi que 50 pièces pour Delta Airlines et 50 autres pour Air Baltic. 

Toutefois, les problèmes ne tardent pas à arriver et le programme, qui a coûté bien plus que les estimations initiales, devient un poids pour l'entreprise Bombardier. Trouvant le projet de rachat intéressant, Airbus propose en 2017 de racheter la majorité des parts de la Série-C de Bombardier. Avec 50.01% des parts, l'avionneur européen se permet de renommer le projet pour que celui-ci soit plus facilement identifiable par les potentiels acheteurs. C'est ainsi que les CSeries deviennent Airbus A220, nouvel appareil monocouloir court et moyen-courrier assemblé au Canada. 

Bien que l'histoire de l'avionneur, ou devrais-je dire plutôt des avionneurs, soit mouvementée, nous sommes forcés de constater que les appareils produits par Bombardier sont fiables et appréciés des compagnies. Rappelons quand même qu'il doit résister à la pression imposée par les géants Airbus et Boeing. 

Crédit photo : 
- #1 : Pour la couverture, il s'agit d'un CRJ-700 de la compagnie Air France Hop!, par Pierre Marechal 
- #2 : Canadair CL-600 par Arthur Caudrelier 
- #3 : Dash Q400 par Pierre Marechal 
- #4 : Bombardier CSeries lors de son premier vol par Alexandre Gouger sur Wikipédia