18 décembre 1970 : Airbus voyait le jour

18 décembre 1970 : Airbus voyait le jour
Logos d'Airbus à travers le temps

Aujourd’hui, largement majoritaire par une conjecture mondiale qui leur est concrètement favorable, le groupe Airbus souffle ses 49 bougies. Le 18 décembre 1970, c’est la création du consortium Airbus tel que nous le connaissons.

Airbus A321neo, photo prise par Ronan Delalande

Airbus avant Airbus 

En effet, le groupe n’a pas vu le jour suite à l’impulsion irréfléchie dans plusieurs États. Les premières collaborations sont progressives et permettent de poser les bases. 

Le C-160 Transall est par exemple le fruit d’un travail commun entre la France et l’Allemagne. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. 

En 1962, un accord est signé entre la France et la Grande-Bretagne pour imaginer la conception du premier avion supersonique civil au monde : le Concorde. Nous ne reviendrons pas sur les détails précis du projet, mais ce consortium a conduit à la naissance du deuxième avion supersonique destiné au transport de passagers, les soviétiques de chez Tupolev ont, de fait, réussi à faire voler le Tupolev 144 avant le Concorde. L’alliance des britanniques et des français a été, comme elle l’est depuis les débuts des contacts outre manche, assez électrique. Mais peu importe, le projet de l’alliance sur le vieux continent était né, et elle n’allait pas disparaitre de si tôt.

Ce qu’il faut savoir c’est que toutes les entités qui ont passé un accord pour faire partie du consortium Airbus sont elles-mêmes le fruit de plusieurs nationalisations et fusions successives dans leur pays d’origine. Le 18 décembre 1970, nous retrouvons une alliance des français de l’Aérospatiale avec les allemands de Messerschmitt-Bölkow-Blohm et de VFW-Fokker pour développer l’A300. 

A300ST Beluga n°1, photo prise par Clément Moenner

Partant de 300 et allant bien plus loin 

En 2019, nous connaissons les appareils qui ont été élaborés par Airbus, nous savons donc pertinemment que derrière l’A300 nous retrouvons l’A310. Alors, on prend les mêmes et on recommence, en ajoutant cette fois-ci les Construcciones Aeronáuticas Sociedad Anónima qui sont des espagnols et les britanniques de chez British Aerospace. 

S’ensuivent après les projets que vous connaissez bien et qui sont développés en alliance depuis maintenant assez longtemps, tels l’A310, la famille A320, l’A330 et ses différentes déclinaisons. Vient ensuite l'A340 puis l’A350 et sa livrée carbone, et enfin l’A380, la baleine géante depuis 2005. 

A330ceo, photo prise par Alex Meunier

Ô Toulouse 

Bien que d’autres villes soient des points d’impulsion de l’aviation européenne qu’incarne Airbus, nous ne pouvons pas négliger le fait que le véritable épicentre de toute cette organisation soit Toulouse. 

Alors, pourquoi avoir choisi la ville rose ? Tout d’abord, Toulouse est le berceau de l’aviation des pionniers ; c’est le lieu de naissance des Lignes Latécoère en 1917, le point d’impulsion des premiers voyages vers le Maroc, Dakar et même l’Amérique du Sud grâce à des pilotes qu’on ne peut oublier comme Mermoz ou encore Saint-Exupéry. 

Dans cette lignée des pionniers, nous assistons à la création des entreprises comme la Société Anonyme des avions Dewoitine en 1920 dirigée par Émile Dewoitine ou encore celle de la rue Périole pour les hydravions Latécoère en 1939. 

Mais, l’ancêtre direct de l’Aérospatiale de laquelle découlera Airbus en 1970 est quand même la société nationale de constructions aéronautiques Sud-Aviation fondée en 1957 qui rassemble elle aussi les sociétés de construction du sud-est et du sud-ouest. Le lieu commun choisi est évidemment Toulouse. 

En 1963, nous assistons à un phénomène interessant émanant du gouvernement français qui décide de mettre en place une lutte contre l’hypercentralisation des activités du pays. Dans cette optique, on déplace les écoles supérieures que forment Supaero et l’ENAC pour la formation des métiers de l’aéronautique à Toulouse. 

Le consortium avait donc un terrain tout préparé pour pouvoir concevoir ses appareils. Aujourd’hui, le site de Toulouse concentre l’ensemble des pôles de conception, d’assemblage, de peinture et de test des appareils des différentes familles. Elle n’est pas seule ! Mais elle occupe une place capitale. 

A400M Atlas, photo prise par Arthur Caudrelier

Airbus : symbole d’entente, symbole d’union 

Carte montrant les différents lieux européens d’où proviennent les pièces des appareils, par Airbus

Tous les appareils conçus par la grande famille d’Airbus ne sont pas intégralement réalisés sur un seul site. Je vous propose de regarder ce schéma ci-contre réalisé par Airbus et nous montrant les différents lieux européens d’où proviennent les pièces des appareils. Pour chaque avion produit (ils sont près de 11 000 à ce jour), les pièces sont prises dans différents sites européens en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne et bien sûr en France. 

Selon le modèle de l’appareil, les lieux ne sont pas les mêmes, naturellement. Rappelons également que les tests en vol et les livraisons ont lieu à Toulouse (TLS/LFBO) ou Hambourg (HAM/EDDH). Vous pourriez prendre ça comme un petit conseil : si vous voulez voir les appareils en exclusivité c’est dans l’un de ces deux endroits que vous devez vous rendre. 

Dans les équipes d’Airbus, nous retrouvons des ingénieurs issus de nombreux pays différents, qu’ils fassent partie ou non du consortium. Les carrières sont nombreuses et variées, la société véhicule un principe de mixité et de tolérance. Avec l’approche historique qu’il m’a été donné d’exposer, je suis forcée de constater que les apports intellectuels incarnent pleinement le consortium, les idées venues des quatre coins du globe permettent de varier toutes les lignes d’attaques et d’avoir de différentes innovations. 

A350 XWB, photo prise par Pierre Marechal

Au coeur de l’innovation depuis bientôt 50 ans 

Nous l’avons vu, les ingénieurs concepteurs d’Airbus ont proposé de nombreux appareils et ce qu’il est important de souligner c’est que nous retrouvons de nombreuses innovations à l’intérieur même de ces aéronefs. Refaisons le point sur des inventions capitales qui touchent tous les secteurs dans l’avion même. On a cherché à rendre les appareils plus performant : les sharklets par exemple permettent de réduire sensiblement la consommation en carburant pendant les vols. De plus, nous savons que l’A350 XWB est fait à hauteur de 53% de matériaux composites qui le rendent plus léger et donc plus écologique. 

Sur le plan de pilotage, Airbus a également intégré les commandes de vol électriques - elles étaient mécaniques avant, avec des câbles et des poulies qui actionnaient les commandes - qui rendent le pilotage bien plus sûr et bien plus intuitif. C’est aussi un progrès au niveau de la maintenance des appareils puisque l’entretien mécanique est moins important. Un autre système très important a été inséré. Il s’agit de « la protection du domaine de vol » : en bref, l’appareil est capable de savoir lorsque la portance risque d’être rompue - ce qui conduirait à un décrochage - et s’efforce donc de résoudre le problème. Enfin, et c’est sûrement l’aspect le plus innovant de leur projet : la réduction de l’équipage dans le poste de pilotage à deux personnes. L’officier mécanicien navigant à été supprimé, puisqu’il n’était plus utile étant donné que les écrans sont plus simples à lire car bien plus intuitifs. 

À ce jour, Airbus ne s’occupe plus uniquement de la conception d’aéronefs civils. Airbus procède aussi à l’élaboration d’autres appareils. Rassurez-vous, ils volent tous. Nous allons rapidement vous présenter les différents rayons d’action.
          Nous trouvons les branches de construction des hélicoptères avec des modèles destinés à l’utilisation civile ou militaire.
          Ensuite, Airbus met un point d’honneur à créer des avions de défense avec des missions de transport de troupes, de reconnaissance, de ravitaillement.
          Enfin, et parce que la course à l’espace ne s’est jamais réellement arrêtée, Airbus s’attache à rapprocher l’espace de ses ingénieurs. Ils mènent actuellement des projets pour pouvoir dépasser l’altitude fréquentée par la plupart de ses appareils. 

A380 avec le sticker 50 ans, prise par Nuno Seletti

Airbus c’est la conception de plus d’une centaine d’appareils, c’est plus de 133 000 personnes autour du globe. Si vous ajoutez à cela l’ensemble des sous-traitants, les chiffres augmentent encore considérablement.

Airbus c’est 49 ans de rêve et de projet, d’invention et d’innovation. Sur la surface de notre terre, un avion sortant de l’une des usines Airbus décolle ou atterrit toutes les deux secondes. Ils sont présents dans tous les ciels et même au-delà. Airbus c’est une histoire qui promet de durer encore longtemps, pour le plus grand plaisir des passagers. 


Crédits photos :
La photo d’en tête est un A330-900 neo par Ronan Delalande. Dans le corps de l’article, je vous ai inséré différentes photographies ; l’ensemble de ces clichés sont des prototypes du constructeur et ont été prises à Toulouse. Les spotters sont ceux grâce à qui vous découvrez les appareils en avant-première : ils font vivre la communauté aéronautique et nous avons tenu à les mettre à l’honneur dans cet article.
Une photo, un appareil. Vous avez donc ici un échantillon des avions de la grande famille Airbus, évidemment nous ne les avons pas tous mis mais bien que le choix fut draconien, nous sommes satisfait du résultat et espérons que vous aimerez ces clichés.
- #1 : A321neo, photo prise par Ronan Delalande  
- #2 A300ST Beluga n°1, photo prise par Clément Moenner
- #3 A330ceo, photo prise par Alex Meunier
- #4 A400M Atlas, photo prise par Arthur Caudrelier
- #5 A350 XWB, photo prise par Pierre Marechal
- #6 A380 avec le sticker 50 ans, prise par Nuno Seletti