Le jet privé : emblème de l’aviation d’affaire

Le jet privé : emblème de l’aviation d’affaire

« Même si ils sont plus onéreux que la ligne, ils sont beaucoup plus confortables, il n’y a pas d’attente dans les aéroports et on peut voyager discrètement. […] En outre, les jets privés sont disponibles 24 heures sur 24 et peuvent venir chercher leurs clients où ils se trouvent ». Cette citation, issue de l’ouvrage « Pourquoi sont-ils tombés ? » écrit en 2007 par Jean-Pierre Otelli, semble illustrer à la perfection les enjeux que nous aimerions mettre en lumière aujourd’hui dans notre article sur les jets privés.

Pour commencer, remettons les choses dans leur contexte. L’utilisation du jet privé commence dans les années 1930 et connaît un essor fulgurant dans les années 1960 aves des emblèmes tels que le Jetstar de chez Lockheed et le Mystère 20 de chez Dassault. Aujourd’hui, de nombreux chefs d’États et grands businessmans utilisent des jets privés pour optimiser leurs déplacements quotidiens. Ainsi, nous pouvons dénombrer près de 17 000 avions en service dans le monde, qui proviennent, pour la plupart, de chez Dassault Aviation, Bombardier ou encore Gulfstream. Naturellement, ces trois constructeurs ne bénéficient pas du monopole, mais ils occupent une grande part du marché.

Comme l’a dit monsieur Otelli, ces appareils permettent aux clients qui les utilisent de jouir de nombreux avantages que nous n’allons pas répéter au risque de vous endormir. Toutefois, quelques données sont intéressantes à mettre en lumière. Les jets privés peuvent se permettent d’atterrir sur des pistes très courtes et parfois compliquées d’accès pour les liners. De plus, ils volent à une altitude de croisière de 41 000ft à une vitesse de 830km/h. Ils bénéficient d’un rayon d’action plus large, allant de 11 000 à 14 000 kilomètres. Il faut également savoir que tout est optimisé pour bénéficier du plus grand des silences en cabine.

Puisque nous abordons la cabine, il est temps de la décrire. Évidemment, le luxe est de rigueur : nous pouvons y trouver un lit king-size, un bureau, une salle de bain parfois équipée d’une douche ainsi qu’une décoration épurée et apaisante.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, certains jets sont plutôt populaires dans le milieu de l’aviation d’affaire. Nous ne pourrons pas tous les citer mais dans les plus connus nous retrouvons la gamme Falcon, du constructeur Dassault qui produit une cinquantaine de pièces par an. Chez le canadien Bombardier, nous connaissons les modèles Learjet, Challenger ou encore Global qui dépassent les 150 unités produites ces dernières années. Enfin, chez Gulfstream nous avons différents appareils et entre 115 et 120 mises en services chaque année.

Si vous souhaitez acheter une de ces merveilles, veuillez compter 40 millions d’euros. En revanche, une location vous coûtera entre 100 000 et 200 000 euros pour un vol long courrier. Leur utilisation se démocratisant largement, nous sommes forcés de constater une nouvelle utilisation de ces produits. Des sociétés les achètent et pratiquent des locations par trajet, en respectant vos exigences sur la capacité d’accueil et la nourriture à bord. Aussi, le co-avionnage a le vent en poupe depuis quelques années. Le concept est simple, vous possédez ou louez un appareil et vous vendez vos trajets pour optimiser vos coûts d’exploitation et permettre aux personnes empruntant le même appareil que vous de faire également des économies.

À présent, nous aimerions casser les codes en vous démontrant qu’un jet privé n’est pas forcément un petit avion léger qui n’emporte qu’une dizaine de passagers. Certaines personnes comme le milliardaire saoudien Al-Walid Ben Talal ont acheté des appareils de lignes pour en faire des jets privés. Ainsi, il possède un A380 surnommé « Flying Palace » et un Boeing 747. Les deux sont équipés de mobilier luxueux et d’endroits où pratiquer des loisirs tels qu’un spa ou une salle de spectacle.

Les constructeurs, comprenant qu’il y avait un marché pour les « grands » jets privés, ont décidé d’ouvrir des filiales spécialisées. De ce fait, Airbus Corporate Jets est chargé d’équiper des appareils allant de l'A318 à l'A350 pour de riches propriétaires. Pour ne pas lui laisser le monopole, Boeing Business Jets propose également ce service pour des appareils tels que les 737 MAX 8 et 9 et le 787. Victimes de leurs succès, les deux constructeurs doivent accélérer les cadences et prévoir plus d’appareils réservés à une transformation d’avion de ligne à avion privé.

Bien que la crise économique de 2008 soit synonyme d’un ralentissement du transport aérien privé, les grands entrepreneurs et autres milliardaires ont continué d’utiliser ces services. Aujourd’hui le transport « privé » se porte merveilleusement bien parce que ses acteurs ont réussi, d’une part, à fidéliser la clientèle en réalisant des souhaits toujours plus fous et d’autre part, à convaincre de nouvelles personnes d’utiliser le jet privé pour des déplacements plus facile et surtout, plus agréable.

Source photo : Falcon 7x pris par Markus Eigenheer à l’aéroport de Genève (GVA/LSGG) le 19 avril 2016. Cliché issu de Wikipédia.