La fin des A340 est proche... Retour sur la vie de cet appareil

La fin des A340 est proche... Retour sur la vie de cet appareil

L’A340 est un avion de ligne quadriréacteur long-courrier de grand capacité fabriqué par Airbus. Ce dernier, a été décliné en 4 versions : l’A340-200, -300, -500 et -600. Ces versions influant sur la capacité et/ou le rayon d’action de l'appareil. Le premier vol a eu lieu le 25 octobre 1991. Aujourd'hui, en l'honneur de son 28ème anniversaire, nous allons retracer l’histoire de cet appareil.

Fondé le 18 décembre 1970, Airbus est un constructeur aéronautique européen basé à Blagnac. À la suite du succès de l’Airbus A300 lancé en 1974, le constructeur veut monter en grade et vise ainsi le quadriréacteur. Cependant, tout se joue entre ce projet d’un quadriréacteur, idéal pour le long-courrier, et celui d'un appareil de taille moyenne, tel que l’A320 d’aujourd’hui. L’Allemagne et la Lufthansa, compagnie aérienne allemande, soutenaient le premier projet, alors que la France favorisait l’insertion d’un appareil de taille moyenne. Le projet de l’A320 précèdera alors celui de l’A340. Lancé le 22 février 1987, il deviendra rapidement l’appareil le plus vendu et utilisé de la flotte Airbus.

Roger Béteille, responsable et ingénieur chez Airbus, s’est exprimé sur les hésitations et le choix qu’a dû faire le constructeur européen à l’égard de ces deux projets : « Quand nous avons été amenés à choisir entre l'A320 et l'A330/340, les Allemands, sous l'influence de Lufthansa, étaient en faveur du lancement de l'A340. Les Français, pour leur part, penchaient pour l'A320, une attitude dans laquelle leur participation au moteur CFM56 n'était sans doute pas étrangère. Pour ma part, j'ai considéré deux éléments d'appréciation. Tout d'abord, le marché qui faisait apparaître un besoin pour l'A320 avant l'A340. Ensuite, des raisons techniques. Nous avions franchi une étape technologique importante, notamment avec les commandes de vol électrique, et il était beaucoup plus facile et moins risqué d'en faire usage sur un avion court-courrier de plus petites dimensions. Ce fut mon choix. La technologie de l'A320 a été intégrée dans l'A330/A340. Et nos concurrents, eux aussi, commencent à l'utiliser ».

Le lancement du programme de l’A340 fut annoncé le 5 juin 1987 à Toulouse. Airbus a choisi cette date en profitant du Salon du Bourget, qui est l’incontournable salon international de l’aéronautique français, qui avait lieu du 11 au 21 juin 1987. C'est d’ailleurs pendant ce salon que Jean Pierson, à la tête de l’entreprise, a officiellement dévoilé le projet. La première lettre d’intention d’achat était tenue par Lufthansa, qui partait sur l’acquisition de 15 A340. L’ancienne compagnie française, UTA, disparue en 1990, avait également annoncée une intention d’achat pour 6 appareils.

C’est en août 1988, à Nantes, que débute la fabrication des premiers éléments. Pendant ce temps, la construction de la nouvelle usine, Clément-Ader, sur le site de Colomiers, près de Toulouse, débute sa construction. L’usine est inaugurée le 10 octobre 1990 par le président de la République François Mitterrand. À ce moment-là, le constructeur compte 88 A340 en commandes fermes.

Le premier appareil sort de la chaîne d’assemblage le 8 mars 1991 et reçoit ses moteurs en avril de la même année. Le 4 octobre 1991, à 16 heures, l’Europe attend avec grande hâte la première présentation officielle à l’usine. Après plusieurs semaines d’essais au sol, le premier vol est alors tenu le 25 octobre 1991. Les certifications sont obtenues en Europe, en décembre 1992, et aux Etats-Unis, en mai 1993.

Premier A340-200 Lufthansa (D-AIBA)

Les premiers appareils, des A340-200, livrés début 1993, sont destinés aux deux compagnies nationales allemandes et françaises, respectivement Lufthansa et Air France. Nürnberg, le premier exemplaire de la compagnie allemande, immatriculé D-AIBA, est livré le 2 février 1993. Il est alors configuré pour accueillir jusqu’à 228 passagers. Destiné à remplacer le DC-10-30 qui commence à se faire vieux, il va relier l’aéroport de Francfort (FRA/EDDF) à celui de New York (JFK/KJFK). Air France, le reçoit quant-à elle le 26 février 1993. L’appareil, immatriculé F-GNIA, s’est alors envolé pour la première fois, le 29 mars, vers Washington (IAD/KIAD), afin de remplacer également un appareil vieillissant, le Boeing 747-100.

Pour donner suite au lancement des vols commerciaux, le constructeur effectue un tour du monde avec l'un de ses appareils d’essai. L’appareil a quitté l’aéroport du Bourget (LBG/LFPB) le 16 juin 1993, a parcouru 38 346 km en 48 heures et 22 minutes, et a atterri le 18 juin, à 12h20, avec pour seule escale l’aéroport d’Auckland (AKL/NZAA). Ce vol test dépasse celui du Boeing 747-400 de 1989, qui avait parcouru un vol de 18 000 km, entre Londres (LH/EGLL) et Sydney (YSSY/SYD).

Malheureusement, à la suite de la crise économique de 2008 et de la hausse du prix du kérozène, les compagnies estiment que cet appareil n’était plus rentable pour elles ; ces quadriréacteurs étant jugés trop gourmands en carburant. Le dernier appareil a été livré en juillet 2010 à la compagnie aérienne espagnole, Iberia. Le Boeing 777 et l’A350 gagnent du terrain, ce qui entraînera la fin définitive de la production de l’A340 en 2011.

Un total de 377 appareils, toutes versions confondues, seront commandés et produits entre 1993 et 2010.

Au 10 juillet 2017, on comptait seulement 175 appareils en service, sur les 377 évoqués précédemment. Aujoud'hui, rares sont les compagnies qui, comme Lufthansa, Iberia, Air Madagascar ou encore Air Mauritius, pour n’en citer que quelques-unes, continuent à exploiter régulièrement cet appareil. La plupart des compagnies, comme Air France, cherche à le remplacer par les prochains A350 ; on peut aussi penser à la compagnie aérienne portugaise TAP Air Portugal qui a annoncé ce mois-ci l’arrêt total de ses appareils. Ici, on parle bien évidemment de l’A340-300. Le dernier vol qui reliait habituellement Lisbonne (LIS/LPPT) et Londres a eu lieu le 22 octobre dernier. Le dernier vol aura lieu demain, le 26 octobre, entre Lisbonne et Luanda (LAD/FNLU) en Angola.