Bientôt la fin de l’A380 chez Emirates ?

Bientôt la fin de l’A380 chez Emirates ?

Alors que la première compagnie aérienne des Émirats arabes unis, Emirates, a annoncé il y a un peu plus de trois semaines maintenant la restriction de son trafic passager à seulement deux aéroports, c’est lors d’une interview accordée aujourd’hui au média The National que le président de la compagnie, Tim Clark, a déclaré que « l'Airbus A380 est fini ».

Airbus A380-800 Emirates (A6-EDJ), par Yann Arnould
Airbus A380-800 Emirates (A6-EDJ), par Yann Arnould

Si l’industrie aéronautique traverse en ce moment la pire crise qu’elle ait connu dans toute son histoire, l’Airbus A380, plus gros avion civil jamais construit ayant effectué son premier vol en 2005, est surement l’appareil le plus touché par la crise de COVID-19. A peine 13 ans après sa mise en service, cet appareil est jugé pas assez rentable en raison de sa capacité excédant les 500 sièges, et trop consommateur en carburant du fait en grande partie de ses quatre moteurs ; c’est pour ces raisons que de plus en plus de compagnies aériennes souhaitent se débarrasser du super jumbo avant qu’il ne soit trop tard ; nous l’avons vu récemment entre autres avec Air France (voir Air France retire son premier A380), British Airways ou bien encore Lufthansa (voir Lufthansa Group réduit considérablement sa flotte).

Cependant, si cette décision de se séparer de l’A380 semble tout à fait logique pour la plupart des compagnies aériennes, il en est une pour qui cette décision semble parfaitement paradoxale ; vous l’aurez compris, il s’agit d’Emirates. Alors qu’Airbus a mis fin à son programme A380 il y a plus d’un an maintenant en raison du manque de clients intéressés – rappelons que l’A380 a été construit uniquement en 242 exemplaires, soit environ six fois moins que son concurrent le Boeing 747 –, Emirates est toujours demeuré intéressé par cet appareil. La firme basée à Dubaï enregistre en effet un carnet de commande total de 123 appareils, dont huit n’ayant même pas encore été livrés.

Airbus A350 Emirates, issue de Airbus
Airbus A350 Emirates, issue de Airbus

Si Emirates a annoncé il y a plusieurs mois sa décision de retirer progressivement ses Airbus A380 les plus anciens, la décision dévoilée aujourd’hui par Tim Clark, le président de la compagnie dubaïote, vient remettre en question cette ancienne mesure. Celui-ci a déclaré : « Nous savons que l'A380 est terminé, le 747 est terminé ». En effet, comme dit précédemment, nous arrivons progressivement à la fin d’une période, celle du quadrimoteur. Clark a ajouté : « Est-ce que je vois la demande pour ces gros avions ralentir ? oui ». Les compagnies ont ainsi tout à gagner à prendre des appareils plus petits, plus efficaces et consommant moins de carburant. Le président de la compagnie a d’ailleurs déclaré : « L'A350 et le 787 auront toujours une place. Ils ne seront peut-être pas commandés bientôt, leurs commandes pourront être différées et repoussées, mais ils finiront par revenir et ils seront probablement mieux adaptés à la demande mondiale dans les années qui suivront la pandémie. »

Boeing 787 Emirates, issue de Boeing
Boeing 787 Emirates, issue de Boeing

La compagnie aérienne Emirates détient aujourd’hui une flotte passager de 257 appareils, parmi lesquels figurent 115 Airbus A380 et 142 Boeing 777. Si Emirates prenait la décision de retirer ses super jumbos, elle diviserait presque sa flotte par deux, ce qui est impensable au vu du nombre de routes desservies par la firme chaque jour. Ainsi, la compagnie aérienne aurait plutôt tendance à retirer très lentement ses Airbus A380, appareils qui seront remplacé dès 2023 au plus tôt par les premiers Boeing 787 ou Airbus A350 commandés au salon aéronautique de Dubaï en novembre dernier.

En conclusion, pour le grand bonheur des passionnés d’aéronautique et des fans du super jumbo, l’Airbus A380 volera encore quelques années au-dessus de nos têtes même s’il est indéniable que celui-ci, comme la plupart des autres quadrimoteurs, n’aura bientôt plus sa place dans ce marché toujours plus expansif et compétitif.